Il a monté deux sociétés aux Philippines!

Nous rencontrons Didier, installé aux Philippines depuis plus de deux ans et qui a déjà 2 entreprises. Les activités de ses entreprises : l’une dans le tourisme, l’autre dans l’évènementiel! Son objectif? Rester libre et indépendant! Il nous fait part de sa vie aux Philippines et de sa stratégie.

My Little Big Trip : Comment est-ce que tu es arrivé aux Philippines ?

Didier : Je suis arrivé à 25 ans, j’étais en troisième année d’école de commerce. Je parrainais une jeune fille et je suis venu lui rendre visite. J’ai beaucoup aimé les Philippines. Je ne me suis pas installé tout de suite. Je suis d’abord revenu en France pour travailler et gagner un peu d’argent. J’étais en alternance à Esmod. Je me suis beaucoup investi, j’ai fait un maximum d’argent et je suis revenu aux Philippines pendant deux ans. J’ai fait pas mal d’aller-retours en France pour travailler parce que la vie aux Philippines coûte assez cher.

MLBT : Pourquoi la vie coute-t-elle si chère?

Didier :  Les Philippines sont un pays très protectionniste, il y a de grosses taxes à l’importation. Le 1er revenu du pays c’est le rapatriement de devises des travailleurs des pays étrangers.

Il y a 3 ans et demi, un de mes anciens camarades d’école de commerce qui travaille à « Terre d’aventure » m’a proposé de monter une agence de voyage pour que je sois son prestataire local. J’avais beaucoup voyagé et j’ai décidé de me lancer.

MLBT : Tu y connaissais quelque chose ?

Didier : Non, ça a été assez compliqué au début. J’ai fait plusieurs erreurs comme me focaliser tout d’abord sur le marché local puis désormais me recentrer sur le marché français, dans lequel j’ai une vraie valeur ajoutée. Aujourd’hui, mon agence se porte très bien et se développe. J’ai de même réalisé tous mes sites internet moi même alors que je n’y connaissais non plus pas grand chose.

MLBT : Comment est-ce que tu as fait ?

Didier : J’ai créé ma boite et me suis lancé sur le marché philippin, avec un site internet qui m’a pris beaucoup trop de temps et était bien trop compliqué à mettre à jour. J’ai perdu des centaines d’heures. Ça n’a pas bien marché car cela me demandait beaucoup trop d’investissement en temps et en argent au niveau marketing. Groupon et d’autres sites similaires se sont lancés en même temps que moi et ça perturbé mes ambitions.

Du coup j’ai décidé de m’attaquer au marché français j’ai lancé le site ilesphilippines.com. Je suis maintenant axé sur du haut de gamme. Je suis maintenant axé sur le sur mesure. Se déplacer aux Philippines est assez compliqué et nos services sont nécessaires si les touristes souhaitent un minimum de confort.

MLBT : Comment fais-tu pour tout organiser parfaitement ?

Didier : C’est très dur ! Il faut que tout soit réglé à la minute et c’est très difficile d’atteindre ce niveau d’organisation avec nos fournisseurs philippins. Il nous faut donc énormément de suivi afin de s’assurer du bon déroulement, ce qui est assez éprouvant. Les Philippines comportent 7107 îles. Elles nécessitent donc de travailler avec de nombreuses personnes différentes.

MLBT : Oui, parce qu’il y a la crise ?

Didier : La crise fait que nos prix ont augmenté de 50% en 2 ans vu que les Philippines sont un pays fermé et qui n’a pas été atteint par cette crise. On a beaucoup de retraités dans nos clients.

MLBT : On a cru comprendre que tu avais plusieurs sites ?

Didier : Oui, en plus du site de tourisme, je lance une agence d’évenementiel. J’organise des soirées d’enterrement de jeunes filles et cela marche très bien.

MLBT : Est-ce qu’on peut venir aux Philippines pour faire de l’argent ?

Didier : Au niveau potentiel business ? Oui je pense, en tous cas, j’espère (rires).

MLBT : Donc tu as monté ta première boite à quelle âge ?

Didier : A 27 ans. Mon objectif est d’avoir de nombreuses entreprises dans différents métiers, d’avoir un éventail le plus large possible. Je ne suis malheureusement pas très patient et j’ai tendance à m’éparpiller facilement. Le plus dur est de monter la 1ère entreprise et de faire ses premiers revenus, c’est 90% des pertes de cheveux.

MLBT : Qu’est-ce qu’il faut savoir quand on monte son entreprise aux Philippines ?

Didier : Il y a une règle aux Philippines. Tu fais ton calcul au niveau du temps et de l’argent que tu vas mettre pour monter ton business et le rendre rentable. Une fois que tu as tes chiffres, tu les multiplies par trois ! Si, une fois que tu as multiplié, tu te rends compte que tu es ric-rac. Il ne faut pas se lancer. Tu ne t’en sortiras pas parce qu’ici tout prend 3 fois plus de temps et, par conséquent, coûte beaucoup plus cher.

En plus, il y a des gros problèmes de compétences ici. On est obligé de tout vérifier. Il y a un gros problème au niveau des embauches et de trouver des salariés valables est un véritable chemin de croix.

MLBT : Comment motives-tu tes salariés alors ?

Didier : J’ai un gros problème à ce niveau-là. Je les paie super bien, je suis cool, peut-être trop car je culpabilise de les payer si peu. Je n’ai pas envie de devenir le manager qui met la pression parce que ça ne me correspond pas.

MLBT : Quelqu’un qui arrive ici, comment il fait pour trouver du travail ?

Didier : 80% des gens trouvent du travail dans les call-centers et dans l’IT où il y a beaucoup d’argent et d’opportunités. J’ai d’ailleurs de nombreux contacts et aide beaucoup de français à trouver du travail. les lecteurs peuvent aussi me contacter s’ils sont intéressés.

MLBT : Mais, pour en revenir à ton affaire d’évènementiel, c’est risqué non puisque tu proposes des strip-teases ?

Didier : Non pas du tout, ce n’est pas une boite de tourisme sexuel ! Je n’embauche que des hommes pour les bachelorettes party, c’est-à-dire les enterrements de vie de jeunes filles. Tous mes « models » sont des blancs et il n y a aucune nudité.

MLBT : Comment as-tu eu cette idée ?

Didier : Il y a 3 ans, j’ai une copine qui m’a appelée parce que c’était l’enterrement de vie de jeune fille de sa sœur. Le strip-teaseur l’avait plantée et elle m’a demandée de l’aider. J’ai fait un remplacement. Finalement j’ai été amené à le faire 2 ou 3 fois pour m’amuser. Et l’année dernière j’ai tenté le lancement d’un site à cet effet et cela a très marché et c’est un très bon complément même si les Philippines ne sont pas encore vraiment prêtes pour ce genre de business.

MLBT : Si tu fais des enterrements de vie de garçons, ça veut dire qu’il va aussi y avoir des strip-teaseuses n’est-ce pas ?

Didier : Oui, je vais faire venir des filles mais ça sera des filles blanches. Je ne veux pas de nudité, pas de photos, et que mes « models » soient ultra-sécurisés. Je ne veux pas travailler avec des philippins car les bars de striptease sont bien trop nombreux et mal famés pour que cela m’intéresse.

MLBT : Comment est-ce que tu trouves les filles blanches ?

Didier : Ça prend du temps, je cherche, je vais bientôt faire de nombreuses annonces en France, États-Unis et Australie. Je dois néanmoins fournir logement et conditions de vies correctes avant de me lancer dans ce rapatriement.

MLBT : Mais, tu n’as jamais de problèmes ?

Didier : Non, là on n’a que des demandes pour des enterrements de vie de jeunes filles. Elles ont de l’argent et quand c’est comme ça, elles sont sophistiquées et très timides donc le travail est très simple.

Et quand on fera travailler des filles, on prendra un garde du corps pour les protéger. C’est une prestation prestige, je ne veux pas qu’il y aient de problèmes pour mes employées.

MLBT : Quel conseil aurais-tu à donner pour travailler avec des philippins ?

Didier : Il faut simplement accepter leur manière de travailler, apprendre la patience et relativiser, se dire que tout le monde travaille comme ça ici. Le problème c’est que ceux qui sont bons partent.

MLBT : Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui décide de partir de la France ?

Didier : Prenez votre temps! Ne lancez pas un business pour lancer un business. Il faut d’abord connaitre et étudier l’idée. Moi j’ai mis deux ans à trouver une idée et maintenant, j’en ai 10 qui m’attendent. J’ai cherché et je me suis conditionné au pays. J’ai acquis une gymnastique mentale pour voir la société différemment. Il faut étudier le pays. Franchement, j’aurai été ruiné si je m’étais lancé directement quand je suis arrivé. J’étais novice, présomptueux, trop enthousiaste et je n’avais pas les connaissances et l’expérience nécessaire.

Aujourd’hui, je sais où je vais, je l’espère en tous cas. Les gens viennent me voir pour me demander des conseils. Là j’ai le cas d’un mec qui avait oublié pas mal de choses dans son business plan. Par exemple la règle de multiplication du temps par trois, l’emplacement etc. Sans préparation, il aurait perdu son investissement en 3 mois. J’utilise mon expérience pour aider d’autres personnes qui souhaitent s’implanter, pour ne pas qu’ils fassent les erreurs classiques.

        Maxence Pezzetta               

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5 Responses
  1. lewis says:

    Bonjour Didier j’aimerais m’installer sur les Philippines amoureux d’une filipina. J’aimerais avoir tes conseils sur comment démarrer une société dans ce pays par un étranger, etc…
    Peux-tu me contacter STP à mon email?

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